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Les commerces ont repris des couleurs en avril, mais l’horizon s’assombrit

Après deux mois consécutifs de hausse en mars et avril, les premiers indicateurs de mai montrent déjà un essoufflement de la reprise, sous l’effet des tensions commerciales et du fléchissement de la demande.

Canadian retail sales report

Les détaillants canadiens ont vu leurs ventes progresser modestement de 0,3 % en avril, selon le rapport de Statistique Canada publié vendredi. La hausse des ventes automobiles et du commerce en ligne a permis de franchir le cap des 70 milliards de dollars, mais cette croissance, limitée à six secteurs sur neuf, est restée en deçà des attentes des analystes.

Ce sont les concessionnaires automobiles qui ont connu les hausses les plus marquées (+1,9 %), suivis des magasins d’articles de sport, de loisirs, d’instruments de musique et autres (+1,0 %), ainsi que des commerces de mobilier, d’électronique et d’électroménagers (+0,4 %).

Les ventes ont chuté particulièrement dans deux secteurs : les stations-service et distributeurs de carburant ont accusé une baisse de 2,7 %, tandis que les commerces de mode, de chaussures, de bijoux et de maroquinerie ont vu leurs ventes reculer de 2,2 %.

Les ventes au détail fondamentales, hors carburants et secteur automobile, ont à peine progressé de 0,1 % en avril, après une modeste hausse de 0,2 % en mars. Les volumes de vente ont toutefois fait un bond de 0,9 %, révélant une demande de fond plus vigoureus

Cinq provinces ont vu leurs ventes au détail progresser, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique menant la danse avec des hausses respectives de 2,0 % et 1,7 %. Le Nouveau-Brunswick a accusé le plus fort repli, ses ventes chutant de 3,1 % en avril, plombées surtout par le secteur automobile et des pièces détachées.

Le commerce en ligne a lui aussi connu une belle progression en avril, grimpant de 3,2 % pour atteindre 4,4 milliards de dollars, soit 6,2 % des ventes au détail canadiennes.

Les tensions commerciales jettent une ombre sur les prévisions économiques du deuxième trimestre

Les consommateurs ont certes renoué avec les dépenses en avril—notamment en achetant des voitures avant les hausses de prix annoncées—mais le vent tourne déjà. Selon les premières estimations de Statistique Canada pour mai, les dépenses chutent brutalement de 1,1 % : les ventes automobiles s’essoufflent et les consommateurs resserrent leur bourse.

« Au-delà des variations liées aux tarifs douaniers et aux prix à la pompe, les chiffres indiquent essoufflement de la consommation printanière », note Shelly Kaushik de BMO. « Les premières estimations décevantes de mai, bien qu’essentiellement imputables au secteur automobile, confirment notre analyse : l’économie a traversé un passage difficile au deuxième trimestre. »

Les économistes prévoient un ralentissement des dépenses des consommateurs dans les prochains mois. En avril, plus d’un tiers des commerçants signalaient déjà les effets des tensions commerciales : hausse des prix, fluctuations de la demande et perturbations logistiques.

Statistique Canada révèle que l’inquiétude suscitée par les tarifs douaniers a frappé de plein fouet le commerce : tous les sous-secteurs du détail, même ceux affichant une croissance mensuelle, ont signalé un impact négatif sur leurs ventes.

L’économiste Maria Solovieva de la Banque TD tire la sonnette d’alarme concernant la consommation : les données des cartes bancaires TD révèlent un net repli des dépenses des ménages en mai.

« L’estimation préliminaire laisse présager un deuxième trimestre sous le signe de la morosité, écrit-elle. Par ailleurs, l’analyse de nos données internes sur les transactions par carte bancaire révèle un net fléchissement des dépenses jusqu’en mai, signe que les consommateurs ont commencé à se serrer la ceinture. »

Mme Solovieva précise que selon TD, la consommation des ménages devrait stagner au deuxième trimestre et pourrait même reculer au troisième si les droits de douane américains continuent d’affecter la confiance des consommateurs et le marché de l’emploi.

Daren King, économiste à la Banque Nationale, anticipe lui aussi un recul des ventes au détail dans les prochains mois, citant notamment l’impact des incendies qui ravagent le pays. Selon lui, si l’allègement fiscal estival promis par les Libéraux pourrait « amortir le choc », les inquiétudes fondamentales persistent.

« Nous maintenons notre prévision d’un ralentissement de la consommation », conclut-il.

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Last modified: juin 20, 2025

Brett Surbey is a corporate paralegal and freelance writer based out of northern Alberta. His verticals focus on personal and business topics such as finance, corporate law, personal finance, and business development. His work has appeared in Forbes Advisor Canada, Publishers Weekly, Industry West Magazine, and various academic journals. He lives with his wife and their two children.

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