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Le sort des taux de juillet suspendu aux pourparlers commerciaux alors que l’inflation stagne à 1,7 %

Les experts affirment que les données sur l’inflation, conformes aux attentes, montrent un léger assouplissement des mesures de base, mais cela ne garantit pas une baisse des taux en juillet.

L’inflation canadienne est restée stable à 1,7 % en mai, conservant le même niveau qu’en avril, grâce à l’accalmie des prix immobiliers. Si les indicateurs de l’inflation de base ont légèrement fléchi, ils restent néanmoins à des niveaux préoccupants.

L’inflation annuelle a marqué une pause, tiraillée entre hausses et baisses des prix. Les voyages organisés ont affiché un léger recul (-0,2 %), tandis que la hausse des loyers s’est modérée, passant de 5,2 % en avril à 4,5 % sur douze mois. À l’inverse, le prix des véhicules s’est envolé de 4,9 %, porté notamment par le renchérissement de certains modèles électriques.

Les deux indicateurs préférés de la Banque du Canada pour mesurer l’inflation sous-jacente — l’IPC-tronqué et l’IPC-médian — ont légèrement reculé pour atteindre 3,0 % en mai. L’IPC-médian d’avril a lui aussi été revu à la baisse, s’établissant à 3,1 %.

Les chiffres de l’inflation en mai se sont montrés plutôt rassurants, mais l’inflation sous-jacente dépasse toujours largement la cible de 2 % fixée par la Banque du Canada, ce qui continue d’inquiéter les responsables monétaires.

« Les chiffres de mai nous ont épargné toute mauvaise surprise, contrairement au mois dernier », observe Andrew Hencic, économiste à la TD. « L’inflation globale reste maîtrisée, la suppression de la taxe carbone pour les ménages venant neutraliser les fluctuations des prix énergétiques. »

Statistique Canada souligne que les prix à la pompe ont poursuivi leur chute suite à l’abolition de la taxe carbone imposée aux consommateurs (-15,5 %).

L’économiste en chef de BMO, Douglas Porter, juge les données de mai « comparables » à celles d’avril, tout en mettant en garde : « Ne nous laissons pas leurrer par ce calme apparent — l’inflation de base reste obstinément au-dessus de la cible des 2 %, à un niveau préoccupant ».

Douglas Porter mentionne aussi que l’inflation gagne du terrain : 47 % des produits du panier de référence affichent désormais une hausse supérieure à 3 %, contre 42 % en avril.

L’économiste Derek Holt de la Banque Scotia tire aussi la sonnette d’alarme sur l’inflation de base. « Depuis plus d’un an, le Canada subit une inflation sous-jacente obstinément élevée. La Banque du Canada n’a pas encore réussi à maîtriser les pressions inflationnistes, sans parler des risques qui se profilent à l’horizon », souligne-t-il dans sa note d’analyse.

Baisse des taux moins certaine

Les chiffres de l’inflation de mai correspondent aux prévisions, mais la Banque du Canada hésite encore sur le moment propice pour réduire ses taux.

Douglas Porter estime que la Fed, confrontée à une inflation sous-jacente toujours nettement supérieure à sa cible, attendra de voir « des progrès bien plus significatifs avant d’être persuadée d’un retour durable de l’inflation vers les 2 % ».

La publication d’un nouveau rapport sur l’inflation, accompagné des chiffres de l’emploi et de la croissance avant la réunion de juillet, pourrait apporter à la Banque la confirmation qu’elle attend.

Les négociations commerciales risquent toutefois d’influencer davantage la décision sur les taux en juillet. Comme le rappelle Holt, l’échéance d’un mois fixée pour conclure un éventuel accord canado-américain sur le commerce et la sécurité arrive à terme le mois prochain.

Andrew Hencic reconnaît que les négociations commerciales joueront un rôle clé dans la prochaine décision de la Banque, mais ajoute qu’un affaiblissement économique plus général pourrait encore ouvrir la porte à d’autres baisses cette année, bien qu’il ne précise pas quand.

« Les perspectives restent, comme depuis le début de l’année, largement tributaires des négociations commerciales, mais la fragilité du contexte économique devrait permettre à la Banque du Canada d’abaisser ses taux deux fois encore d’ici la fin de l’année », conclut M. Hencik.

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Last modified: juin 25, 2025

Brett Surbey is a corporate paralegal and freelance writer based out of northern Alberta. His verticals focus on personal and business topics such as finance, corporate law, personal finance, and business development. His work has appeared in Forbes Advisor Canada, Publishers Weekly, Industry West Magazine, and various academic journals. He lives with his wife and their two children.

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