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La population canadienne stagne suite à la baisse du nombre de résidents temporaires

Le Canada a connu une stagnation démographique au premier trimestre 2025, atteignant son plus bas niveau de croissance depuis le début de la crise sanitaire.

Canadian population growth

Du 1er janvier au 1er avril, la population n’a augmenté que de 20 107 personnes (+0,0 %), la population s’établissant désormais à 41 548 787 habitants, selon les nouvelles estimations de Statistique Canada.

Jamais depuis le début de la pandémie la croissance trimestrielle n’avait été aussi faible, atteignant son deuxième plus bas niveau en huit décennies de statistiques.

Ce coup de frein traduit la volonté du gouvernement fédéral de restreindre les flux migratoires, qu’ils soient temporaires ou permanents.

Les résidents temporaires ont diminué de plus de 61 000 pendant le trimestre, avec une chute marquée des étudiants internationaux, surtout en Ontario et en Colombie-Britannique. Statistique Canada souligne que ce recul « contredit la tendance saisonnière normale d’une hausse au premier trimestre ».

Évolution trimestrielle de la population canadienne de 2014 à 2025

Évolution trimestrielle de la population canadienne de 2014 à 2025

La chute du nombre de résidents temporaires provoque un ralentissement sans précédent

Selon Robert Kavcic, économiste principal chez BMO, ce changement de politique alimente un « ajustement démographique majeur » qui s’opère en ce moment même.

« L’immigration non permanente au Canada est demeurée en territoire négatif au premier trimestre, entraînant un solde migratoire déficitaire, note-t-il, conséquence des plafonds instaurés l’an dernier pour les étudiants internationaux et les travailleurs étrangers temporaires. Ottawa a entamé une normalisation vigoureuse de cette catégorie de population, visant à réduire sa part de plus de 7 % à seulement 5 %. Cette politique entraînera vraisemblablement d’autres départs nets jusqu’en 2026. »

Les chiffres de l’immigration permanente demeurent robustes au regard des tendances historiques, souligne M. Kavcic, avec l’accueil de 104 256 nouveaux résidents permanents au premier trimestre. Toutefois, précise-t-il, ces données marquent un recul par rapport aux records récents, suivant la révision à la baisse des cibles fédérales.

L’Ontario a perdu 5 664 habitants, la Colombie-Britannique 2 357, le Québec 1 013, Terre-Neuve-et-Labrador 115 et le Yukon 15. Statistique Canada souligne que l’Ontario et la Colombie-Britannique n’avaient jamais connu de telles baisses démographiques trimestrielles depuis le début des relevés en 1951.

L’Alberta reste en tête des mouvements de population entre provinces, attirant 7 176 nouveaux résidents nets des autres provinces durant le premier trimestre, poursuivant ainsi une tendance positive pour le onzième trimestre d’affilée.

M. Kavcic observe toutefois un possible changement dans les mouvements de population motivés par le coût de la vie. « Si les Canadiens ont massivement migré vers l’Alberta et les provinces atlantiques pour leur accessibilité financière, souligne l’économiste, la baisse des prix et des loyers en Ontario pourrait mettre fin à cet exode économique. »

Robert Kavcic anticipe un ralentissement continu de la croissance démographique canadienne, soulignant notamment le solde négatif des naissances qui atteint -5 628 au cours du trimestre.

« Ce retour à la normale nous rapprochera des conditions d’avant la pandémie, observe M. Kavcic : une croissance démographique d’environ 1 %, une immigration permanente soutenue, un apport ponctuel de résidents temporaires selon les besoins, mais une natalité plus faible. »

Source : Services économiques BMO
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Last modified: juin 18, 2025

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