Écrit par 10:11 Actualités économiques Views: 27

L’économie canadienne a connu une croissance annualisée de 2,2 % au premier trimestre

La ruée pour devancer le conflit tarifaire qui se pointait à l’horizon entre le Canada et les États-Unis a stimulé la croissance économique au premier trimestre, a dévoilé Statistique Canada vendredi.

les chiffres du PIB réel pour le premier trimestre de 2025

By Craig Lord

Le produit intérieur brut réel a augmenté de 2,2 % en rythme annualisé au cours de la période de trois mois, en légère hausse par rapport à 2,1 % au quatrième trimestre.

Les chiffres annualisés du PIB réel pour le dernier trimestre de 2024 ont été révisés à la baisse d’un demi-point de pourcentage, a indiqué Statistique Canada. Ceux des autres trimestres de l’année dernière ont également été ajustés dans la publication de vendredi.

Les données du premier trimestre ont dépassé l’estimation préliminaire de Statistique Canada, qui tablait sur une croissance annualisée de 1,5 %. Elles ont aussi battu les prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui s’attendaient à une hausse de 1,7 %.

Certains économistes croient que les résultats étonnamment solides du PIB suggèrent que la Banque du Canada maintiendra son taux directeur lors de sa décision la semaine prochaine.

Les marchés monétaires estimaient à plus de 80 % vendredi matin la probabilité d’un maintien des taux d’intérêt le 4 juin, selon LSEG Data & Analytics.

Les menaces de droits de douane de la part des États-Unis ont pesé sur l’économie canadienne au premier trimestre, en particulier sur les secteurs sensibles au commerce que sont l’automobile, l’acier et l’aluminium.

Ces taxes à l’importation et les droits de douane de rétorsion imposés par le Canada ont été d’abord été appliqués au début du mois de mars, mais ont depuis fait l’objet de divers ajustements et exemptions.

Selon Statistique Canada, les craintes d’une guerre commerciale ont incité les importateurs et les exportateurs canadiens à se précipiter pour devancer les droits de douane.

Les exportations de biens ont augmenté de 1,6 % au premier trimestre, grâce à la hausse des expéditions de véhicules automobiles et de machines, matériel et pièces industriels.

Par ailleurs, les entreprises non agricoles ont accumulé des stocks au premier trimestre, inversant ainsi la tendance à la baisse observée au trimestre précédent et contribuant à la hausse du PIB.

La croissance a été freinée par la hausse des importations et la faiblesse de l’activité de revente de biens immobiliers résidentiels.

Les coûts de transfert de propriété, qui représentent l’activité sur le marché de la revente, ont reculé de 18,6 %, soit la plus forte baisse en près de trois ans.

De plus, les taux de consommation et d’épargne des ménages ont tous deux ralenti au premier trimestre en raison de la faiblesse des gains de revenus, a indiqué l’agence fédérale.

«Étonnamment résilientes» 

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a indiqué dans une note à ses clients que, malgré des chiffres positifs dans leur ensemble, les détails du PIB du premier trimestre sont moins roses si on les examine de plus près.

Les données pour mars montrent une croissance de 0,1 % du PIB réel, qui rebondit après une légère contraction en février, grâce à la reprise des activités minières, des carrières et de l’extraction de pétrole et de gaz.

Les estimations préliminaires de Statistique Canada prévoient également une croissance de 0,1 % en avril, malgré ce qui devrait être un quatrième mois consécutif de recul dans le secteur manufacturier.

Aux yeux de M. Porter, les prévisions de croissance pour avril, bien que modestes, sont «étonnamment résilientes» compte tenu de la pression exercée par le conflit commercial.

Vers un maintien du taux directeur?

La Banque du Canada analysera attentivement les chiffres du PIB avant d’annoncer sa prochaine décision sur les taux d’intérêt, le 4 juin

La banque centrale a tendance à maintenir son taux directeur élevé lorsqu’elle craint une résurgence de l’inflation et à l’abaisser lorsque l’économie a besoin d’un coup de pouce. Ces deux facteurs sont toutefois menacés par le bouleversement du commerce mondial par les États-Unis.

La Banque du Canada a maintenu le taux directeur à 2,75 % lors de sa dernière décision en avril, affirmant alors avoir besoin de plus d’informations sur l’évolution des droits de douane et leur impact sur l’économie.

Selon M. Porter, les économistes peuvent discuter des détails, mais les chiffres du PIB jusqu’à présent en 2025 ne montrent «aucun signe évident de détresse» pour l’économie canadienne.

«Compte tenu de ces résultats solides, nous abandonnons officiellement notre prévision d’une baisse des taux la semaine prochaine, et nous attendons maintenant la prochaine baisse dans huit semaines, lors de la décision de fin juillet», a écrit M. Porter.

Malgré la vigueur du premier trimestre, Tu Nguyen, économiste chez RSM Canada, s’attend à une contraction de l’économie au deuxième trimestre. L’incertitude commerciale freinera les investissements et les dépenses des ménages, a-t-elle soutenu, et maintiendra également le marché immobilier sous-estimé.

Mme Nguyen a indiqué que la Banque du Canada pourrait toutefois choisir de maintenir son taux directeur à 2,75 %, compte tenu de la hausse-surprise du PIB et des signes d’une hausse de l’inflation sous-jacente.

Les économistes Nathan Janzen et Abbey Xu de RBC ont écrit dans une note que la décision sur les taux sera serrée, mais qu’un deuxième maintien consécutif semble plus probable qu’une baisse.

Visited 27 times, 1 visit(s) today

Last modified: mai 30, 2025

Close