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Le chômage grimpe à 7 %, mais les pertes d’emplois, plus modérées qu’anticipé, tempèrent les espoirs d’une baisse des taux en juillet

Le marché du travail canadien a poursuivi son ralentissement en mai. Le taux de chômage a grimpé à 7 %, un sommet inégalé depuis 2016, hors années de pandémie. Toutefois, ce recul s’est avéré moins marqué que ne le prévoyaient plusieurs économistes.

Rising Unemployment Rate

Les rendements obligataires ont grimpé légèrement après la publication, les investisseurs modérant leurs espoirs d’une baisse des taux par la Banque du Canada en juillet.

L’emploi n’a augmenté que de 8 800 en mai, selon la dernière enquête sur la population active de Statistique Canada, car un gain de 58 000 emplois à temps plein a été largement compensé par la perte de 49 000 postes à temps partiel. Pendant ce temps, le taux de chômage a augmenté de 0,1 point de pourcentage pour atteindre 7 %.

Le taux de chômage a grimpé sans surprise en mai, malgré une légère progression de l’emploi qui a déjoué les prévisions pessimistes des économistes.

Le taux de chômage atteint un sommet inégalé depuis 2016, hormis la période pandémique de 2020-2021. Il affiche une hausse de 0,4 points de pourcentage par rapport à février.

Le commerce de gros et de détail a créé 43 000 nouveaux postes en mai, portant les gains d’emplois mensuels. Le secteur financier, incluant l’assurance et l’immobilier, a enrichi ce bilan en ajoutant 12 000 emplois supplémentaires.

L’administration publique enregistre une baisse de 32 000 emplois ce mois-ci, contrastant avec le rapport précédent, suite à la fin des postes électoraux temporaires. Le secteur des services accuse également le coup : l’hébergement-restauration, le transport et l’entreposage perdent chacun 16 000 emplois. Le secteur manufacturier supprime quant à lui 12 000 postes.

Le taux d’emploi est resté stable à 60,8 %, égalant un récent creux enregistré en octobre.

« Le marché de l’emploi stagne pratiquement depuis janvier », souligne Statistique Canada dans son rapport.

« Le marché du travail canadien a poursuivi son ralentissement en mai », souligne Leslie Preston de la TD dans une note de recherche. « Le taux de chômage poursuit sa hausse, et les effets des tarifs douaniers américains se font nettement sentir selon les secteurs et les régions. »

La hausse des salaires horaires moyens atteint 3,4 % en mai, maintenant la même cadence qu’en avril.

Les États-Unis ont publié ce matin leurs chiffres de l’emploi, qui révèlent eux aussi une légère hausse. Le pays a créé 139 000 emplois salariés non agricoles, dépassant légèrement les prévisions consensuelles des économistes de +125 000. Le taux de chômage, quant à lui, demeure stable à 4,2 %.

« Rien dans le rapport sur l’emploi (américain) de mai ne poussera la Fed à quitter sa position d’attente plus tôt que ce que les marchés prévoient actuellement », a noté Scott Anderson de BMO. « Le taux de chômage stable et l’amélioration de la moyenne sur trois mois des gains mensuels d’emplois maintiendront la Fed fermement dans le camp de l’attentisme. »

Les économistes l’affirment : le fléchissement de l’emploi annonce des baisses de taux prochaines

Le marché du travail canadien vacille en 2025. Le taux de chômage grimpe, les pressions tarifaires s’intensifient et l’emploi stagne. Ces signes de faiblesse pourraient inciter la Banque du Canada à abaisser encore ses taux d’ici la fin de l’année.

L’économiste en chef de BMO, Douglas Porter, constate les premiers effets des pressions tarifaires : le secteur manufacturier se fragilise et le chômage grimpe.

« Le secteur manufacturier croule sous la pression d’une incertitude commerciale persistante, tandis que le marché de l’emploi s’érode, comme en témoigne la hausse inexorable du chômage », écrit M. Porter.

Les économistes estiment que la Banque du Canada interprétera les données publiées ce matin comme une pièce supplémentaire du puzzle menant à une baisse des taux. Certains prévoient même avec confiance que la Banque recommencera à assouplir sa politique monétaire d’ici la fin de l’année.

« Le rapport mitigé de mai ne livre pas de message évident à la Banque du Canada, mais la progression continue du chômage devrait maintenir une politique d’assouplissement monétaire jusqu’à la fin de l’année », souligne Douglas Porter.

L’économiste de la CIBC Andrew Grantham partage cette analyse : le taux de chômage poursuivra sa hausse jusqu’en fin d’année. « L’amélioration du commerce et de nouvelles baisses de taux s’avéreront nécessaires pour inverser la tendance », souligne-t-il.

« Le chômage, conclut-il, continuera sa progression jusqu’à la fin de l’année. Seuls des progrès sur les tarifs américains et de nouvelles baisses des taux directeurs par la Banque du Canada permettront de stabiliser la situation d’ici décembre. Le taux de chômage ne reculera qu’en 2026. »

 

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Last modified: juin 11, 2025

Brett Surbey is a corporate paralegal and freelance writer based out of northern Alberta. His verticals focus on personal and business topics such as finance, corporate law, personal finance, and business development. His work has appeared in Forbes Advisor Canada, Publishers Weekly, Industry West Magazine, and various academic journals. He lives with his wife and their two children.

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