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L’inflation américaine s’est adoucie en mai, mais la Fed devrait maintenir ses taux tout l’été

Les indices des prix à la consommation, tant global que sous-jacent, se situent sous les prévisions, mais selon les économistes, les menaces tarifaires et la vigueur du marché du travail incitent la Fed à la prudence jusqu’à l’automne.

U.S. inflation

Le Bureau of Labor Statistics rapporte que l’inflation américaine a légèrement progressé à 2,4 % en mai, après avoir enregistré une hausse mensuelle de 0,1 %. Tant l’indice global que l’indice de base se sont révélés inférieurs aux attentes des analystes.

Les prix ont principalement grimpé sous l’effet du logement (+0,3 %), des services énergétiques (+0,4 %) et de l’alimentation tant à la maison qu’au restaurant (+0,3 %). La chute marquée des prix à la pompe a toutefois entraîné un repli de 1,0 % de l’indice énergétique, tandis que les services de transport reculaient de 0,2 %, venant ainsi tempérer ces hausses.

L’inflation sous-jacente, calculée hors prix alimentaires et énergétiques fluctuants, a progressé d’à peine 0,1 % en mai, conservant ainsi un rythme annuel stable de 2,8 % pour le troisième mois d’affilée.

« La faible hausse de l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation en mai indique, selon Scott Anderson de BMO, que les consommateurs, en réduisant leur demande, prennent actuellement le dessus dans la guerre des prix. Ceux-ci préfèrent épargner en prévision d’une possible flambée inflationniste dans les prochains mois. »

La montée des tensions commerciales repousse probablement à plus tard la baisse des taux

Les économistes scrutent l’impact grandissant des droits de douane sur l’inflation, prévoyant des répercussions plus importantes au fil des prochains mois.

L’économiste Thomas Feltmate de TD Economics observe déjà les premiers signes de tension inflationniste liés aux tarifs douaniers. Il prévoit une amplification du phénomène au fil de la répercussion des hausses de coûts dans les chaînes d’approvisionnement.

« Les pressions sur les prix semblaient modérées en mai, écrit M. Feltmate. Pourtant, une analyse plus approfondie révèle déjà des signes que les tarifs commencent à se répercuter sur les prix. Selon nous, les tensions inflationnistes sur les biens de consommation s’accentueront dans les mois à venir, à mesure que les entreprises écouleront leurs stocks accumulés et que la hausse du coût des intrants grugera progressivement leurs marges bénéficiaires. »

Les effets des tarifs douaniers s’accumulant, les économistes anticipent désormais que la Fed attendra l’automne pour assouplir sa politique monétaire, rendant de moins en moins probable une baisse des taux dès cet été.

L’analyste de la Banque Scotia, Derek Holt, estime que ce rapport ne dissuadera pas la Fed, celle-ci préférant rester dans l’expectative jusqu’à disposer de données plus complètes et d’une vision politique plus claire.

« La publication aujourd’hui de l’indice des prix à la consommation intéresse-t-elle la Fed ? Pas selon moi, écrit-il. Consultez leur note. Les dirigeants de la Fed attendent une abondance de données sur les tensions concernant leur double mandat, ainsi que des indices plus nets sur les conséquences du dédale complexe des autres politiques engagées par l’administration américaine, avant de décider quelle voie suivre. »

Les données sur l’inflation publiées ce matin ont soulagé la pression sur les rendements obligataires canadiens et, par ricochet, sur les taux hypothécaires fixes, même si aucune baisse des taux n’est attendue dans les prochaines semaines.

Ali Jaffery, de la CIBC, partage ce constat : « La modération de l’inflation en mai constitue une bonne nouvelle pour la Fed, mais ne modifie pas fondamentalement l’équation. Les responsables devront encore patienter pour observer les réactions de l’économie et du marché de l’emploi, l’évolution des tarifs douaniers et l’orientation de la politique budgétaire. »

Si une baisse des taux n’est pas pour demain, le ralentissement de l’inflation aux États-Unis a soulagé les marchés obligataires, faisant reculer le taux américain à 10 ans à 4,45 %, pendant que son homologue canadien à 5 ans cédait près d’un point de base pour s’établir à 2,93 %.

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Last modified: juin 11, 2025

Brett Surbey is a corporate paralegal and freelance writer based out of northern Alberta. His verticals focus on personal and business topics such as finance, corporate law, personal finance, and business development. His work has appeared in Forbes Advisor Canada, Publishers Weekly, Industry West Magazine, and various academic journals. He lives with his wife and their two children.

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