Écrit par 1:42 Banque du Canada Views: 47

Les baisses de taux devront attendre face aux tarifs douaniers et à l’inflation selon Sharon Kozicki

La Banque du Canada surveille étroitement l’économie réelle. Ses observations incitent les décideurs à procéder prudemment avant toute nouvelle baisse des taux.

Sharon Kozicki, BoC Deputy Governor

La sous-gouverneure Sharon Kozicki s’est exprimée jeudi à l’Institut C.D. Howe. Elle a expliqué que la Banque du Canada privilégie désormais les données non conventionnelles et dialogue directement avec les citoyens. Son objectif : mieux cerner l’impact des incertitudes commerciales et des taux élevés sur les familles et les entreprises.

Ces observations, affirme-t-elle, ont guidé la Banque dans sa décision de maintenir son taux directeur à 2,75 % cette semaine.

« La plupart des entreprises s’attendent à un ralentissement de l’activité à court terme, ce qui menace les emplois, a-t-elle expliqué. Elles ont évoqué la hausse de leurs coûts, ce qui signifie probablement qu’elles devront augmenter leurs prix bientôt. »

Les détenteurs de prêts hypothécaires souhaitent une baisse rapide des taux, mais Mme Kozicki tempère leurs attentes : la patience s’imposera avant de nouvelles réductions.

« La Banque a rétabli la stabilité des prix grâce à ses actions de politique monétaire, et nous avons réduit notre taux d’intérêt directeur de 2,25 points depuis le printemps dernier, a-t-elle affirmé. Les Canadiens ressentent à nouveau une incertitude croissante sur l’avenir. Il est essentiel que les gens continuent de nous faire confiance pour être une main ferme en ces temps troublés. »

Constats au-delà des données

Mme Kozicki a souligné que les retours plus précis issus des actions et des enquêtes de la Banque sont essentiels alors que les données traditionnelles de Statistique Canada montrent un ralentissement de l’économie. « Ces enquêtes nous permettent de recueillir une variété d’opinions sur la manière dont les conditions économiques actuelles se manifestent dans les communautés canadiennes », a-t-elle expliqué.

Les ménages affrontent plusieurs défis pressants. L’accessibilité au logement les préoccupe particulièrement, comme la Banque l’a constaté lors de ses visites dans les communautés.

« Lors de ma rencontre avec des représentants du secteur des technologies de l’information d’Ottawa, Kozicki a entendu que le coût élevé du logement compliquait l’attraction de nouveaux employés venus de l’extérieur. L’accessibilité a également été un sujet de discussion avec des professionnels des services sociaux. Ils ont constaté une hausse du nombre de personnes recourant aux banques alimentaires et vivant dans la précarité. »

Les Canadiens confient à la Banque leurs inquiétudes face à la hausse des versements hypothécaires et leur réticence à effectuer des achats importants. L’Enquête canadienne sur les attentes des consommateurs, publiée par la Banque en début d’année, révèle un constat préoccupant : les travailleurs des secteurs exportateurs, fragilisés par le conflit commercial, s’inquiètent pour leur emploi et freinent leurs dépenses.

« Les consommateurs prévoient de restreindre leurs achats de biens durables — meubles et électroménager notamment — ainsi que leurs dépenses non essentielles, comme les sorties au restaurant et les vacances », précise Mme Kozicki.

Impact sur les taux des prêts immobiliers

Bien que l’inflation générale diminue, les consommateurs s’attendent à une hausse de l’inflation dans le futur. « Avec tout ce qu’on dit sur les tarifs, les attentes d’inflation des consommateurs pour l’année ou les deux prochaines ont récemment augmenté, » a souligné Mme Kozicki, mettant en avant l’incertitude persistante comme un facteur clé qui maintient ces attentes à un niveau élevé.

La Banque restera probablement prudente face aux futures baisses, car les entreprises signalent des pressions continues sur leurs coûts. Les emprunteurs devront donc patienter avant de voir leurs taux hypothécaires diminuer davantage.

Les marchés financiers tablent désormais sur une probabilité de 75 % que la Banque du Canada abaisse ses taux le 30 juillet. La banque centrale attendra toutefois les indicateurs économiques majeurs des deux prochains mois avant de trancher.

Pendant ce temps, les taux hypothécaires fixes ont augmenté ces dernières semaines alors que les rendements obligataires sont montés plus haut, reflétant l’inquiétude du marché concernant l’inflation et les tensions commerciales.


Photo par Horacio Villalobos Corbis/Corbis via Getty Images

 

Visited 47 times, 1 visit(s) today

Last modified: juin 5, 2025

Steve Huebl is a graduate of Ryerson University's School of Journalism and has been with Canadian Mortgage Trends and reporting on the mortgage industry since 2009. His past work experience includes The Toronto Star, The Calgary Herald, the Sarnia Observer and Canadian Economic Press. Born and raised in Toronto, he now calls Montreal home.

Close